Le voyage breton de Yann Tiersen

De nos jours, rares sont les compositeurs pour lesquels on trépigne d’impatience à l’idée d’entendre un nouvel album. Rares, certes. Inexistants, non puisque Yann Tiersen fait partie de ces exceptions car même malgré sa discrétion, il n’est jamais tombé dans l’oubli. Son nouvel album, « Eusa », sort en cette fin septembre.

Deux ans après « Infinity », album plus expérimental qu’à son habitude, le Français renoue avec son premier amour : le piano. Pour ce nouveau disque, pas de prise de tête et 18 morceaux qui sentent bon l’océan, le grand air, le repos, le calme. Au bout du clavier, les notes résonnent magistralement et on se sent emporté dans un tourbillon de nostalgie au sein duquel toutes les émotions sont décuplées et ça fait du bien.

Au fil des compositions, Tiersen a enregistré les sonorités ambiantes : le vent, les vagues, les oiseaux… L’ensemble donne quelque chose de vivant et authentique comme dans « Lok Gweltz » ou encore dans le chef d’œuvre qu’est « Porz Goret ».

On sait que l’artiste est également compositeur de musiques de films et dans les bandes originales du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain » et de « Tabarly ». Pour ces BO, il avait pour habitude de reprendre une mélodie ou une phrase de ses compositions pour les replacer dans d’autres soit plus lentement soit plus « orchestralement ». Dans ce nouvel album, il n’en est rien puisqu’il y a véritablement ici une suite cohérente de la première à la dernière note, comme s’il avait envie de nous faire visiter sa Bretagne natale à travers sa musique enchanteresse, puissante et délicate à la fois. En fait, c’est ça oui : il y a du vent, peu de soleil, on porte un pull tricoté avec amour mais ce vent fait du bien, les nuages sont là pour masquer une chaleur étouffante et le pull réchauffe le cœur. C’est exactement l’effet de la musique du Breton avec « Eusa ».

Il n’est jamais trop tard pour un artiste confirmé de réaliser un chef-d’œuvre, voire son meilleur album. C’est ce que fait ici Yann Tiersen avec son nouvel album qui est sans doute son meilleur de par sa sincérité et sa simplicité. Avec un piano et la nature ambiante comme seules armes, il signe ici un bijou d’une grande beauté, une histoire sans mot dont le narrateur est un magicien des notes.

Pic by Christopher Espinosa Fernandez

 

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